Le diagnostiqueur doit-il être comme saint Thomas ?

07 mai, 2024

Diagnostiqueur Immobilier

NÉCESSAIRE INCRÉDULITÉ DU DIAGNOSTIQUEUR

Aujourd’hui, tout le monde ou presque pense d’emblée au DPE, qui oblige à justifier les données d’entrée opposables. Dans ce contexte, les simples propos du propriétaire ne font pas office de preuve. S’il a fait des travaux d’isolation et perdu la facture, peut-être faut-il envisager des sondages destructifs. En outre, les justificatifs peuvent être irrecevables, par exemple la peinture magique ou le PMR non certifié ACERMI.

Cela dit, le DPE est loin d’être le seul diagnostic où croire son interlocuteur sur parole est impossible. « Il n’y avait pas de termites, vous pouvez proroger le diagnostic sans vous déplacer ». Ben non, c’est interdit et dangereux, pour le diagnostiqueur, le vendeur, le notaire et le futur occupant du logement. À tout moment, il peut y avoir des parasites du bois, des anomalies électriques, etc. Inévitablement, l’habitat évolue dans le temps.

DIAGNOSTIQUEUR RIME AVEC ENQUIQUINEUR

En prime, puisque malheureusement, personne n’est infaillible, le diagnostiqueur précédent a pu passer à côté d’un risque. De plus, la réglementation évolue. Ainsi, mieux vaut parfois faire un prélèvement en présence de matériaux susceptibles de contenir de l’amiante, même si le précédent rapport concluait à l’absence d’amiante. Dans le même temps, tout concourt à empêcher l’ODI d’appliquer ces bonnes pratiques. En effet, le contexte ne l’aide pas à être comme saint Thomas.

D’abord, il y a la fameuse urgence du diagnostic à obtenir pour signer au plus vite. C’est souvent elle qui justifie la demande de prorogation des diags et autres mauvaises pratiques. Ensuite, la découverte d’anomalies ne fait plaisir à personne, sauf au diagnostiqueur, suppose-t-on à tort. Il passe pour le boulet qui cherche à tout prix à trouver des problèmeslà où il n’y en a pas. C’est un comble, sachant qu’il a plutôt un rôle d’ange gardien.

ÊTRE PRUDENT COMME SAINT THOMAS

Enfin, le fond du problème tient à une vision erronée du DDT (dossier de diagnostic technique). Il n’y aurait, là-dedans, que de la paperasse inutile, de « l’administratisme » ou des informations trompeuses. Si l’intérêt des rapports et les risques associés étaient mieux compris, personne ne s’étonnerait de la prudence dont le diagnostiqueur fait preuve. Au contraire, cette recherche d’indices fiables prouverait le sérieux de l’opérateur.

En attendant, ce n’est pas évident d’être comme saint Thomas sur le terrain. Il faut occasionnellement tenir tête, se montrer inébranlable tout en restant « commercial ». Cette attitude nécessite aussi d’avoir confiance en soi et en ses compétences. D’une part, c’est compliqué pour un débutant inexpérimenté. D’autre part, à l’heure où le grand public doute si souvent de vous, il faut un bon moral pour ne pas céder aux pressions et à la facilité. Pourtant, c’est ainsi que vous pourrez continuer à faire ce métier et développer votre activité sans risquer un procès.


Extrait du site Quotidiag le 07/05/2024
https://www.quotidiag.fr/le-diagnostiqueur-doit-il-etre-comme-saint-thomas/

Nos derniers articles

Partagez l'article sur les réseaux